Page 14 - CUSSAC - Journal de Juillet 2022
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 Marc VIGNAU, la Vague des Libertés
Célébrant ses 10 ans en 2022, l’A2PL (www.asso-a2pl.fr) présentera cette année deux expositions au Fort Médoc. La première du 14 au 31 juillet intitulée « De Pierre, de Bronze et de Lumière », retrace l’Histoire et les trésors du patrimoine religieux en Pays Landescot. La seconde, initialement prévue au mois de juillet, aura finalement lieu au mois d’octobre. L’association présentera avec cette dernière, leur troisième grande exposition « La Vague des Libertés », consacrée aux années de la Révolution Française en Médoc.
Voici sa présentation par Marc VIGNAU.
 CUSSAC-FORT-MÉDOC - Juillet 2022
Société historique vouée à la recherche, à la connaissance des patrimoines et à la diffusion des savoirs, l’association A2PL offre chaque année dans un vaste périmètre un programme varié à portée d’un large public. Echange avec Marc VIGNAU, précédemment conservateur aux Archives départementales de la Gironde et conseiller scientifique de l’A2PL, commissaire de l’exposition.
Pourquoi ce titre, La Vague ?
Il contient une allusion à l’identité du territoire médocain, marqué par l’eau, mais cette vague a surtout valeur de symbole : elle illustre bien les transformations profondes qu’a connu la société sur une période très courte.
Comment est né le concept de cette nouvelle exposition ?
Le dernier cycle de visites-conférences de l’A2PL avant Covid, en 2019, portait sur les grandes figures de la Révolution en Médoc, et le public a témoigné d’un vif intérêt pour ce thème. Le propos est à la fois historique et actuel, les défis de 1789 trouvant des échos dans les enjeux de l’époque contemporaine. Chaque visiteur pourra s’en faire sa propre idée.
N’est-il pas audacieux de traiter une période controversée ?
Je ne crois pas. La controverse est un antidote à la pensée unique, très dangereuse en histoire comme ailleurs. Il faut aussi savoir sortir des sujets consensuels et rétablir certains faits, car le traitement qu’on réserve à la Révolution dans l’espace télévisuel, pour ce qui est d’émissions à grande écoute, reste souvent déplorable. Il n’est jamais inutile non plus d’entretenir chez le citoyen du XXIe siècle la conscience qu’il est l’héritier de luttes et d’engagements, où l’on mourrait pour ses idées.
Justement, pourquoi à votre avis cette perception parfois défavorable ?
Il faut bien réaliser que les catégories dont elle avait entamé les privilèges se sont appliquées à la noircir, par esprit de revanche, et le XIXe siècle a suscité une abondance de publications hostiles et dénigrantes. Il faut attendre très longtemps, sous la IIIe République, notamment avec la Commission Jaurès et le travail de fond d’historiens comme Alphonse Aulard ou Armand Brette, pour lui restituer une aura nationale. Mais en dehors de grands évènements comme le Bicentaire en 1989, elle reste méconnue du grand public qui doit être invité à la redécouvrir autrement.
Comment l’avez-vous abordée ?
Chaque information est une page d’histoire du Médoc. L’exposition veut montrer l’impact des évènements sur le territoire. La Révolution survient dans un espace qui est alors très mal desservi, foncièrement rural et livré à une grande misère sociale. Elle l’a très vite marqué en profondeur, par ses multiples réformes, en raison de la guerre, mais aussi, comme partout en France, par l’acquisition de droits fondamentaux et de libertés nouvelles. Les acteurs de cette période ont été dévoués à leur mission corps et âme même à l’échelle locale, ils méritent de sortir de l’ombre.
Le Médoc a-t-il eu ses grandes figures ?
Oui, ô combien, et dans tous les camps. De ce point de vue, l’exposition est un répertoire de biographies, le Médoc du XVIIIe siècle est riche de personnalités. L’Histoire, lorsqu’on l’humanise, devient plus attractive, et dès sa genèse, l’intention de La Vague des Libertés était de placer les hommes et les femmes du territoire au centre du propos.
Ce qu’elle met en lumière est souvent inédit, d’où proviennent les sources ?
Elle existe grâce à la richesse des fonds d’archives publics, au niveau communal, départemental ou national, et souhaite montrer ce que l’on peut réaliser lorsqu’on est en mesure d’y accéder. Les archives constituent la mémoire du monde : elles seules contiennent la vérité historique, si celle- ci existe : les valoriser est essentiel car elles forment un patrimoine collectif, et ce travail y contribue. Il démontre qu’aucune région n’est vierge d’un passé à explorer, mais aussi qu’il reste
fort à faire en Médoc pour lui restituer son identité historique.
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